SIGMA2: un mandat, une structure, un plan de travail et d’action

SIGMA2 est la continuation de SIGMA mais avec un nouveau mandat et de nouveaux objectifs, fixés en avril 2013. Après 5 réunions en 2013, puis 4 en 2014, il est temps de tracer l’épure du plan de travail qui en résulte et de faire le point sur les actions concrètes entreprises depuis.  Façonné collectivement, ce plan fixe les objectifs, établit la démarche à suivre sur la période 2014-2016 et positionne SIGMA2 vis-à-vis des organisations existantes, dont le GEIPAN.

Quel est le rôle de SIGMA2

SIGMA 2, qui se veut plus technique et scientifique que SIGMA,  se réfèrera à des témoignages et des observations assortis de données physiques, issues de base de données , à des analyses physiques, y compris à de nouvelles théories, en  privilégiant les observations des PANs susceptibles d’être exploitables scientifiquement . Tel est l’objectif fixé tout en continuant les recherches documentaires, tant pour identifier les bases de données et les références documentaires pertinentes que pour mieux comprendre l’environnement international de ce sujet complexe, tout en ombres et lumières. Il est en effet nécessaire de bien comprendre les acteurs de ce sujet, en France et à l’étranger, pour identifier les cas d’études assortis de données dignes d’intérêt, tant sont nombreuses les observations citées mais rares les références assorties de mesures physiques. Rare ne veut pas dire inexistant, au contraire : quelques cas précis seront cités, notamment français (cas de l’Airbus d’Air France de janvier 1994) issus des échanges entrepris avec le GEIPAN depuis septembre 2013.

Mais avant d’évoquer ce plan de travail, il faut clarifier le rôle de la Commission SIGMA2 vis-à-vis de son environnement (voir visuel n°1 ci-contre).

Dans le paysage complexe des organisations qui étudient les PANs, SIGMA2 se situe d’abord en France, dans le prolongement des travaux du GEIPAN, service du CNES en charge des enquêtes officielles et de l’information sur les cas de PANs, qui font suite aux témoignages apportés soit directement à la gendarmerie, soit au GEIPAN. Le GEIPAN dispose d’un site officiel, accessible à tous pour apporter des témoignages mais aussi pour prendre connaissance des informations résultant des enquêtes menées.

La mission de SIGMA2 n’est donc pas de mener des enquêtes de terrain parallèles ni de se substituer aux témoins, mais au mieux de leur conseiller de faire connaître un cas intéressant, en témoignant auprès du GEIPAN ou de la gendarmerie, qui ont seuls les compétences et les moyens pour diligenter les enquêtes. SIGMA2 se situe donc en aval du processus précité, pour se concentrer sur les cas les plus « étranges » non élucidés classés « type D » selon la dénomination du GEIPAN (cf § relatif aux contacts). Ces cas nécessitent une analyse technique et scientifique plus approfondie des phénomènes physiques constatés ou bien encore pour faire des préconisations afin d’améliorer l’observabilité (optique, radar, magnétique,…) des PANs. SIGMA2 doit aussi construire un réseau technique et scientifique en France et à l’étranger, pour la collecte des observables et l’analyse des  causes possibles, ce qui n’entre pas dans les missions du GEIPAN. Enfin la Commission peut aussi rechercher à l’étranger de nouveaux cas, à la fois dans les bases de données (comme celles du CEFAA chilien) ou dans des publications référencées. Dans cette démarche, SIGMA2 envisage aussi d’accompagner le GEIPAN en amont de ses enquêtes pour favoriser l’émergence de cas nouveaux en France, basés systématiquement sur des enregistrements de données physiques. Nous réfléchissons notamment à la mise en œuvre de réseaux d’observations amateurs existants, permettant ainsi d’améliorer la réactivité de la boucle d’observation et de recueil de cas au profit du GEIPAN.

Le plan de travail

Le plan de travail de SIGMA2 est donc construit autour de plusieurs tâches en interactions, mises en œuvre par des groupes de travail au sein de la Commission SIGMA2. Le plan de travail est construit sur une période de 3ans (voir visuel n°2 ci-contre).

SIGMA2, c’est aussi une équipe pluridisciplinaire animée d’un esprit de curiosité scientifique et technique sans a priori, portée par des femmes et des hommes de 3AF, qui rejoignent la Commission afin de la compléter de leurs talents : anciens des services officiels, ingénieurs, spécialistes de l’aéronautique et de l’espace, pilotes, experts de la défense aérienne et de missiles, d’électromagnétisme et d’imagerie optique, d’astrophysique mais aussi de recherche documentaire et de base de données…Tous constatent l’étrangeté et le mystère de certains cas et sont prêts à mener des études pour les élucider, tout en laissant le soin aux organismes dont c’est la charge, d’éliminer en amont les cas explicables par des enquêtes classiques. En cela, notre démarche s’apparente davantage, toutes proportions gardées, à celle du panel de Pocantico réuni par Peter Sturrock en 1998  et dont l’un des membres de SIGMA2 faisait partie.

Actions de la Commission:

RECHERCHE DOCUMENTAIRE ET BASE DE DONNEES

Il s’agit, en fonction des documents disponibles, de sélectionner ceux qui proposent une analyse à caractère scientifique de faits avérés, sans propension à une interprétation spéculative de leur origine (par exemple les livres de P.A. Sturrock et de P. Hill, les publications d’A. Meessen, les rapports britanniques et COBEPS,…).

Un deuxième volet documentaire portera sur la compréhension de l’environnement international des PANs ; il visera à clarifier l’environnement historique et contemporain afin de nouer des contacts susceptibles d’identifier de nouvelles données ou études comme par exemple  les travaux  britanniques et russes sur les PANs.

Un bref aperçu de la démarche entreprise sur la base de données vous est donné ci-après, dans l’attente d’un article à paraître dans le revue 3AF et d’une intervention dans le cadre du séminaire CAIPAN organisé par le CNES/ GEIPAN auquel certains spécialistes de SIGMA2 contribuent.

Base de données opérationnelle pour les phénomènes PAN

La qualité des recherches menées sur les phénomènes PAN dépend directement d’un travail préalable de classement des documents quelle que soit leur nature. Ils se présentent en effet sous des formes très diverses, d’origine écrite ou orale, sous forme d’enregistrements de données physiques ou autres. Cette grande variété pose plusieurs questions : pour chacune des catégories de données considérées, il est important de mesurer le niveau de qualité donc de fiabilité du document. Ainsi un document dont l’origine est avérée (et correspond de fait avec celle dont il se réclame)  trouvera dans l’analyse une place plus élevée qu’un document à l’origine plus incertaine. Cette vérification impose donc une garantie de traçabilité et d’intégrité du document tout au long du processus d’analyse, et ce depuis la collecte de l’information brute (témoignage, signal physique, document officiel attesté). Cette procédure implique la mise en place d’une base de données opérationnelle pour les phénomènes PAN dont la structure doit prendre en compte l’ensemble des caractéristiques mesurables des documents à traiter. Cette base de données permettra à la fois de mesurer la qualité des documents étudiés, d’analyser de la pertinence des informations transmises et donc de construire un ensemble cohérent. Dans le cadre du soutien aux travaux menés par le groupe SIGMA 2 de la 3AF, l’objectif est de produire des critères de jugements opérationnels suffisamment affinés qui pourront à la fois à établir les principes d’une réflexion rigoureuse et garder l’ouverture et la flexibilité nécessaire à l’analyse des phénomènes PAN.

CONTACT – ENVIRONNEMENT- COMMUNICATION

SIGMA2 a créé un Groupe de Contact dont la mission principale est d’établir les liens indispensables avec les organisations susceptibles de lui fournir des cas d’études intéressant. Au premier chef, en ce qui concerne la France, les contacts ont été pris dès septembre 2013 avec le CNES/GEIPAN, afin d’évoquer les cas les plus intéressants, dont certains ont été établis en liaison avec l’Armée de l’air, le CNOA (Centre National des Opérations Aériennes) étant en charge de la relation avec le CNES sur ce sujet.

En effet, le GEIPAN dispose d’une base de données de cas, répertoriés et classés (voir visuel n°3 ci-contre) suivant leur niveau d’étrangeté mais aussi suivant la fiabilité des témoignages. Sur plus de 6000 témoignages (2200 cas) étudiés depuis 30 ans par le GEIPAN, environ 22% d’entre eux restent sans explication avec un cas d’étrangeté marqué (classe D). Nous nous intéresserons à ces cas.

Par ailleurs, SIGMA2 a signé un accord de coopération avec le CEFAA Chilien (similaire au GEIPAN et dépendant de la DGAC Chilienne) en octobre 2013. Cet accord, initialisé par la Commission Sigma précédente, devrait permettre l’étude en commun de cas également étranges.

D’autres contacts ont été noués par exemple avec la SOBEPS belge, organisation en charge des études des cas belges dont la fameuse « vague belge » des années 90.

Cette démarche doit se poursuivre avec d’autres organismes, notamment français comme l’Armée de l’Air ou la DGAC, en concertation avec le GEIPAN. Nous prévoyons également d’autres contacts par exemple avec les réseaux d’astronomes et d’observation de météores…

CAS D’ETUDES

SIGMA2 focalise donc ses ressources sur les cas non expliqués de type D, s’ils sont renseignés par des mesures physiques.

Parmi les 232 cas inventoriés dans la base du GEIPAN/ classe D, nous n’en avons retenu que quelques-uns, parmi lesquels celui du vol AF 3532 du 28 janvier 1994 (http://www.cnes-geipan.fr/index.php?id=202&cas=1994-01-01345 ). Ce cas est emblématique car il comporte à la fois le déroulement d’une observation d’un PAN par les pilotes d’un Airbus et l’enregistrement simultané d’une trace radar par l’Armée de l’Air. Cependant, l’enquête sérieuse menée par le GEIPAN n’a pu aboutir à une explication du phénomène, car même 20 ans après, le cas demeure une énigme. Le Commandant de Bord  Duboc a d’ailleurs été longuement entendu par les enquêteurs du GEIPAN. Son témoignage est tout à fait remarquable par la précision de ses observations, complétées d’ailleurs par celles du copilote.

La Commission SIGMA2 a d’ailleurs eu un entretien détaillé avec le Commandant de bord Duboc en mai 2014, pour compléter sa compréhension du rapport du GEIPAN, tant sur le phénomène lui-même que sur le déroulement des opérations.

Ci-contre (visuel n°4), un échantillon des informations extraites du rapport d’enquête du GEIPAN issu des témoignages et du rapport de l’armée de l’air vers le GEIPAN.

« Le 28 janvier 1994 à 13h14, l'équipage d'un Airbus A320-11 d'Air France assurant la liaison Nice-Londres observe un phénomène qu'il ne s'explique pas. Survolant la région de Coulommiers en Seine-et-Marne, le chef steward alors présent dans le poste de pilotage, signale au commandant de bord un phénomène sur la gauche de l'appareil qui lui fait penser à un ballon météorologique.
Le commandant de bord (dessin de droite) et la co-pilote (dessin de gauche) décrivent pour leur part l'observation d'un disque brun ou rouge sombre changeant de forme avant de disparaître subitement. Le commandant rend compte au contrôle aérien de Reims qui lui précise qu'il n'a aucun trafic aérien dans le secteur. Au même moment une piste radar non identifiée est enregistrée par le radar de Cinq-Mars-la-Pile. Cette trace, enregistrée pendant 50 secondes croise bien la trajectoire du vol AF3532 mais ne correspond à aucun plan de vol déposé et disparaît simultanément à la vue de l'équipage et des écrans radar. »

Ci-contre (visuel n°5), l’observation du PAN, en secteur gauche de l’avion, suivant la restitution de l’observation visuelle du Commandant de Bord et du copilote, et en secteur droit si l’on en croit la reconstitution faite par le GEIPAN avec le rapport du Centre des Opérations aériennes de l’Armée de l’Air : la chronologie de la piste radar est parfaitement synchrone de l’observation visuelle.

En dehors de la base de données du GEIPAN, SIGMA2 s’intéresse aussi à d’autres cas extérieurs à l’hexagone, dont celui d’Aurigny. Il s’agit d’une observation de deux PANs entre Jersey et Guernesey en avril 2007, réalisée par plusieurs équipages d’avions de transport régional, dont le Capitaine Bowyer et le contrôle ATC local (cf extraits du rapport « Report on Aerial Phenomena  Observed near the Channel Islands », UK,   April 23 2007, ). Nous verrons par la suite comment approfondir de tels cas si cela est possible.

ELEMENTS PHYSIQUES

L’objectif est de mener, d’une part, l’identification des observables recensées dans les différentes bases de données (signature radar, optique, rayonnements divers, comportement aérodynamique, influence éventuelle sur le champ de gravitation ou magnétique), d’autre part de travailler sur les hypothèses  physiques pouvant rendre compte des comportements étranges  observés (propulsion, mécanique du vol sans effet aérodynamique, effets de plasmas ou de flou, ..). Le recensement des phénomènes et de leurs physiques doit permettre d’envisager une logique expérimentale, soit en liaison avec des laboratoires spécialisés, soit parallèlement du point de vue du recueil des informations à l’échelle 1 (observabilité des PANs).

En particulier certaines pistes d’intérêt telles que le contrôle de gravitation nous semblent devoir être suivies dans le cas de certaines observations. Par exemple dans le cas  “Mansfield Ohio” cité au chap. 29 du livre THE UFO ENIGMA de Peter Sturrock où est évoqué le cas d’un hélicoptère de la réserve de l’US Army, qui, lors de la rencontre avec un PAN,  a vu son mouvement en descente rapide, inversé en mouvement ascendant.

Le contrôle local de la gravitation : Mythe ou perspective?

L'approche scientifique du phénomène OVNI suppose un examen sans concessions d'observables significatives, autant que possible quantifiables et vérifiables. Certaines d'entre eux, notamment cinématiques et dynamiques, semblent en contradiction radicale avec les lois connues, ce qui les rend inexplicables.

On proposera une interprétation basée sur une généralisation de l'électromagnétisme de Maxwell qui pourrait permettre de modifier localement la gravitation et rendre compte ainsi de ces observations inédites. Par ailleurs, elle peut également expliquer une partie des effets secondaires observés. Cela étant, cette théorie n'est, pour l'instant, aucunement validée tant il apparaît très difficile de créer les conditions permettant de l'expérimenter. Mais il arrive que la théorie précède l'expérience ou bien, plus prosaïquement, qu'elle soulève un coin du tapis…

OBSERVABILITE

Objectif: identifier les moyens disponibles pour réaliser un recueil de données physiques. Favoriser l’émergence de cas. Faire des recommandations sur la démarche de la  boucle d’observation :

  • Sur d’éventuels moyens d’observation  complémentaires de ceux existants dont :

- la surveillance aérienne militaire avec les radars de défense aérienne (visuels 6 et 7), civile (visuel 8 représentant une image de radar primaire ATC (Guernesey, Rapport UAP Channel Island, April 2007) ou les radars passifs (visuel 9).

- la surveillance de l’espace :radars US (voir visuel 10), radar bistatique Graves français (Emetteur, visuel 11 et récepteur, visuel 12), radars russes VHF d’alerte et de surveillance (visuel 13) et de surveillance par imagerie interférométrique (visuel 14).

  • Sur des réseaux d’observation scientifique de météores comme le réseau FRIPON :

- observation de météores dans la tranche 30-100 km d’altitude par un réseau de caméras « Fish Eye » (visuel 15)  et un réseau de récepteurs HF multistatique utilisant les émissions VHF d’opportunité du radar Graves (visuel 16).

- une centaine de caméras « Fish Eye » (visuel 17) permettent de capter la trainée lumineuse ionisée du météore (visuel 18) pour restituer  la trajectoire  grâce à une couverture de l’hexagone (visuel 19).

- les récepteurs HF permettent de faire des mesures doppler (visuel 20) de l’onde radar rétrodiffusée par le sillage ionisé du météore et de restituer la vitesse avec précision.

 

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