ÉDITORIAL LETTRE 3AF N°25

Bruno Chanetz

Cette Lettre reflète la couleur rose, qu’à certaines heures la brique confère à Toulouse. La capitale de la nouvelle région « Occitanie » est aussi celle en France de l’aéronautique. Toulouse fête cette année les vingt ans de la Cité de l’air et de l’espace. En marge de cet anniversaire, la Lettre publie un article sur l’ONERA, doublement présent en Occitanie, à Toulouse même et dans son centre d’essai du Fauga-Mauzac. Une interview du directeur de l’Ecole Nationale de l’Aviation Civile Marc Houallah complète ce dossier toulousain en mettant l’accent sur le pilotage.

Un autre article donne le point de vue d’un jeune pilote. Il est en effet important pour une société savante de revenir sur ce qui est à la fois le point de départ et l’aboutissement des recherches aéronautiques. Ce sont bien les problèmes de pilotage, rencontrés par les pionniers de l’aviation qui ont motivé les premières souffleries et les recherches associées. 

En ce mois de juin qui voit une nouvelle édition du salon international de l’aéronautique de l’espace de Paris-Le Bourget, dont la première manifestation, dite de « locomotion aérienne » au Grand Palais remonte à 1909, nous rendons hommage à ces précurseurs en consacrant un article à l’aventure de Nungesser et Coli et un autre à l’hydravion Nungesser. L’histoire est toujours très présente dans nos grandes sociétés industrielles. Le nom du site ultra-moderne d’assemblage toulousain d’Airbus : « Clément Ader »  renvoie à cet ingénieur français. Si la paternité du premier vol du « plus lourd que l’air » lui est contestée, il reste en revanche à l’origine d’un mot, qui le préserve de l’oubli des siècles : avion !

De la « chauve-souris » de Clément Ader aux futurs « business jets », dont Bruno Stoufflet trace les contours, que de chemin parcouru. L’interview de François de la Fontaine par Jean-Pierre Sanfourche sur « l’usine du futur », permet également de prendre la mesure des transformations qui s’annoncent dans la fabrication.

Nul autre domaine technologique n’aura connu un engouement aussi constant que l’aéronautique, si ce n’est le spatial, qui le prolonge. Déjà en 1909, 100 000 visiteurs étaient venus admirer les innovations des 380 exposants présents au Grand Palais pour le premier salon de l’aéronautique. Ce salon, définitivement installé au Bourget à partir de 1953, compte désormais plus de 2000 exposants.

L’espace nous fait rêver et plus spécialement depuis six mois, que le passager français de la station spatiale internationale a fait redécouvrir à notre pays le plus grand des objets artificiels placés en orbite terrestre : l’ISS, habité en permanence depuis 17 ans. Son hôte récent Thomas Pesquet a suscité un renouveau d’intérêt médiatique pour l’espace, dont quelques esprits chagrins s’offusquent. L’article qui ouvre notre nouvelle rubrique « actualités », nous montre au contraire tout l’intérêt de cette mission. 

Passant le week-end de l’Ascension en famille dans le Luberon, nous ne manquions pas d’observer tous les soirs le ciel étoilé de Provence, téléphone portable en main pour savoir à la verticale de quel lieu « il » apparaissait et disparaissait à nos yeux. En l’espace de quelques minutes, « il » parcourait ainsi, suivant les soirs, une portion de terre allant du Maroc ou du Portugal à la Pologne ou à la Roumanie, avec « sa hâte de s’en aller qui faisait de sa visite une apparition » comme l’a si joliment écrit Alphonse Daudet dans les « Etoiles ». ■

Bruno Chanetz
Rédacteur en Chef