ÉDITORIAL LETTRE 3AF N°27

Bruno Chanetz

Faisant suite au numéro spécial précédent consacré au CNES, cette Lettre renoue avec la tradition. Lettre en apparence ordinaire, sans la coloration régionale, qui faisait la spécificité  des dernières livraisons.  Et pourtant on frôle l’extraordinaire.

Le premier article par Jacques Arnould, traite brillamment de la question de la vie extraterrestre sous un angle théologique. Un matin de février 2017, écoutant sur radio Notre-Dame Jacques Arnould parler de son livre « Dieu, les extra-terrestres et nous », j’avais été très impressionné par la hauteur de vue de ses propos. Qu’il soit remercié pour le point de vue qu’il nous donne ici sur une question qui agitera pour longtemps encore l’humanité.

Mais le rêve se heurte souvent à la froide réalité, comme le révèle l’article de la commission technique SIGMA2, qui a étudié un phénomène aérospatial non identifié, observé dans le ciel du Chili en novembre 2014. Au terme d’un remarquable travail, les membres de la commission démontrent que l’OVNI en question était en fait un Airbus A 340. 

Le dossier de la vente d’Alstom à General Electric (GE) traite d’un sujet capital pour notre industrie nationale et européenne. Les mêmes mécanismes, qui ont acculé la société ALSTOM à céder sa branche Énergie à GE, pourraient également être mis en œuvre vis-à-vis de l’industrie aéronautique française, tant est puissant le Département américain de la justice, qui s’immisce dans les affaires des entreprises, dès lors que ces dernières sont présumées coupables de corruption active ayant faussé les règles de la concurrence.

Le groupe AIRBUS est d’ailleurs entré dans une zone de turbulence judiciaire et médiatique comme le révélait Bruno Trévedic dans Les Echos le 6 octobre dernier en commentant le courrier adressé par le président du groupe Tom Enders à ses salariés « se référ(ant) aux  enquêtes en cours … menées par le Serious Fraud Office (SFO) britannique et le Parquet national financier (PNF)  français concernant des présomptions de violation des lois anticorruption pour l’obtention de plusieurs commandes pour des avions commerciaux et des satellites.» La meilleure parade pour les sociétés industrielles étant le respect de la législation, la France s’est dotée le 9 décembre 2016 d’une loi renforçant la lutte contre la corruption, dite loi Sapin II, dont l’avenir dira si elle est suffisamment efficace.
En matière de défense, la sauvegarde des intérêts de la France a été prise très au sérieux par la DGA, qui a annoncé en mai dernier la création d’un fonds d’investissement dédié aux Entreprises de tailles intermédiaires (ETI), aux Petites et moyennes entreprises (PME) et aux start-up disposant de savoir-faire et de technologies militaires. Le délégué général Laurent Collet-Billon avait justifié cette initiative « pour assurer le développement et la protection de nos pépites technologiques pour le secteur de la défense et l’économie nationale », ajoutant « c’est un enjeu majeur pour la souveraineté de notre système de défense qui repose sur une industrie forte et compétitive ». Depuis le 9 août, un nouveau délégué général, Joël Barre, a succédé à Laurent Collet-Billon. Son portrait est tracé dans la rubrique actualité.

Enfin cette Lettre s’achève en laissant la place aux interactions entre l’air et l’eau, avec un article scientifique sur « les bateaux qui volent » et un article historique sur « les Hydravions de Montgolfier ». ■