La gestion des risques par l’image : la websérie Cyber Vox

Cyber Vox est une websérie diffusée sur Youtube et produite par la société de Conseil en cybersécurité Holiseum. Son objectif : vulgariser et sensibiliser aux risques liés aux cyberattaques.

Youtube a longtemps été un espace de streaming dédié au téléchargement, parfois illégal, de films et de musiques consultables librement en ligne. 

Cette plateforme a bien évolué et met aujourd’hui en exergue le phénomène des vidéastes : les créateurs de contenu audiovisuels dont le spectre s’étend des musiciens aux blogueurs, des humoristes aux joueurs de jeux vidéos, en passant par les journalistes, les auteurs et les réalisateurs. Les qualités sont variables : amateurs ou professionnels, indépendants ou salariés.

Ce phénomène des vidéastes dénote également la structuration d’un média à part entière, qui concurrence graduellement le monde de la télévision classique. On estime désormais à 25 millions le nombre d’internautes qui, chaque mois, consultent plus de deux heures de programmes vidéo par jour en France. Les vidéastes les plus célèbres disposent par ailleurs d’une base d’abonnés fidélisés à leurs programmes qui dépasse les audiences de certaines émissions de télé aux heures de grande écoute. 

C’est d’abord dans cette logique d’adaptation aux nouveaux modes de consommation de programmes audiovisuels des internautes que s’inscrit l’initiative de la websérie Cyber Vox. A ce jour, la gestion des risques et la sensibilisation des salariés, fonctionnaires et des entrepreneurs obéit encore à des schémas plutôt classiques : tables rondes, newsletters, power points. 

L’ambition de Cyber Vox est de produire un programme télévisuel sur internet ambitieux et exigeant, que ce soit en terme de narration, de logistique et de graphisme. Nous voulons que ce programme soit à la fois accessible pour le grand public et pertinent pour les professionnels du milieu de la cybersécurité.

Cette websérie entend donc remplir cette double mission d’offrir une éducation populaire centrée sur la cybersécurité tout en fédérant les professionnels autour d’une vision partagée.

Pourquoi est-il d’autant plus pertinent de figurer les phénomènes cyber par la vidéo ? Nous remarquons que les enjeux autour du data, des objets connectés ou même des vulnérabilités des infrastructures vitales de nos sociétés modernes sont encore des phénomènes mal connus, parce que trop abstraits. Tout cela semble encore relever du domaine du virtuel et de l’intangible. Un effort de vulgarisation considérables reste à faire sur ce sujet, et quoi de mieux que le medium audiovisuel pour accomplir cette tache ambitieuse ?

Le cabinet de conseil en cybersécurité Holiseum est à l’origine de cette initiative. Le concept consiste à produire des formats vidéos courts et épisodiques, traitant chacun un sujet de cybersécurité faisant écho à l’actualité, tout en promouvant les solutions d’une entreprise française, qui parraine l’épisode. 

Le premier est sorti début juin, et propose de survoler un certain nombre de menaces qui tendent à se généraliser dans nos sociétés digitales, comme les failles de sécurité des objets connectés, le piratage d’infrastructures industrielles  vitales et l’impact économique sur le commerce international.

Ce premier épisode pose aussi des intentions narratives claires et assumées. En travaillant sur ce pilote, nous avons constaté que les vidéos existantes sur la cybersécurité et produites par des entreprises à l’aide d’agences de communication sont toutes sensiblement les mêmes : des animations en motion design 2D, aux couleurs pastel rose bonbon très enfantines, le tout soutenu par une musique de uekulele. Tout semble être fait pour qu’un sujet sérieux soit systématiquement dédramatisé, au risque de brouiller le message qui est d’alerter sur l’acuité des menaces qui pèsent sur nos sociétés de plus en plus digitalisées. 

Pour Cyber Vox, nous choisissons à l’inverse de privilégier et d’assumer une ambiance sombre et anxiogène pour dépeindre des menaces réelles qui ne doivent pas être minimisées.

En somme, notre message est orienté vers l’exposition de la cybermenace telle qu’elle existe réellement. Nous voulons encourager les prises d’initiatives de sécurisation permettant de gérer les risques cyber de manière éclairée, et de préférence dès les premières phases des projets (by design) et non pas une fois seulement le projet achevé comme nous l’observons hélas bien trop souvent. Nous soulignons le fait qu’il n’y a pas de fatalité en la matière et que la cybersécurité est une alliée et non un frein à la transformation numérique, pour peu que les organisations prennent conscience du sérieux à donner à ce sujet, et c’est là que la websérie « Cyber Vox » entend bien apporter sa pierre à l’édifice. 

L’essentiel des épisodes est illustré sous forme de modélisations 3D originales, et mobilise des références visuelles propres à la culture populaire. Séries TV, films, jeux vidéo, bande dessinée...Autant de médiums qui se croisent et se répondent à travers une narration combinant images de synthèse, dessin animé et prises de vues réelles. La Science Fiction est une référence majeure, en cela qu’elle a toujours eu beaucoup d’avance lorsqu’il s’agit de représenter visuellement des espaces immatériel tels que les réseaux informatiques et Internet. 
Du point de vue de la gestion des risques, le premier épisode est d’ores et déjà diffusé en interne de nombreuses entreprises du secteur pour sensibiliser les employés aux bonnes pratiques, ce qui contribuera à terme à la notoriété de la démarche.

Nous souhaiterions tenir une cadence d’au moins un épisode tous les deux à trois mois pour des durées de 2 minutes 30 par vidéo. A ce stade, nous envisageons de produire une quinzaine d’épisodes, avec un budget prévisionnel total tutoyant le demi million d’euros sur 2019-2021, financés sur fonds propres d’Holiseum et grâce aux apports de sponsors dont nous mettons en avant les solutions au fil des épisodes. L’œuvre suivra un fil conducteur pour aborder in fine l’ensemble des préoccupations majeures du monde cyber, en faisant apparaître en filigrane les notions de cyber-souveraineté, d’indépendance stratégique et de géopolitique du « numérique ».