Note de lecture : L’âge d’or des Ballons (1783-1914) par Jean Bellis et Jean Molveau chez Cépaduès Editions

Jean Molveau est l’historien de l’aérostation. Il a à son actif plusieurs ouvrages sur le sujet. Pour l’Age d’or des Ballons il s’est associé à l’illustrateur Jean Bellis, qui travaille au trait et à l’aquarelle. Il fut également son illustrateur pour la série Aérocollection également parue chez Cépaduès-Éditions, dont l’un des opus s’intitule l’Aérostation de la Grande Guerre. 

Le résultat de leur collaboration est superbe. Ils nous offrent un ouvrage de référence, qui est aussi un magnifique livre d’images. Chaque double page est consacrée à une étape de cette épopée qui débute avec les frères Montgolfier en 1783. La page paire laisse la place au texte d’une érudition sans faille, ce qui est la marque de Jean Molveau et la page impaire est ornée d’un magnifique dessin de Jean Bellis, conférant à cet ouvrage une unité qui n’aurait pu être obtenue en collationnant les illustrations d’époque, de mains différentes et de factures diverses. La consultation d’un grand nombre d’ouvrages a permis à Jean Molveau de recenser des citations circonstanciées qui donnent un climat d’authenticité à ces aventures aérostatiques.

Trente-sept évènements, retraçant l’histoire de la conquête du ciel par le plus léger que l’air sont égrenés au fil des pages. Ainsi le 22 octobre 1797, Garnerin réussit le premier saut au-dessus de la plaine Monceau et dépose l’année suivante le brevet d’invention du parachute. Il jouit de la faveur du premier consul jusqu’à ce qu’un ballon lancé quelques jours après le sacre de Napoléon atterrisse sur le tombeau de Néron à Rome, ce qui constituait un mauvais présage pour le nouvel empereur. Plus loin sont évoqués les ballons captifs d’observation conçus par Charles Renard dans le Hangar Y de Chalais-Meudon. Tout ce qui est relaté dans ce livre concerne en effet des exploits réels. Seule la couverture représente un projet fantasmagorique La Minerve de Robertson en 1803, avec sa nacelle en forme de navire, emmenant à son bord une église et un moulin à vent !

Ce beau livre est préfacé par Etienne de Montgolfier, décédé en 2018, qui lors de la publication de l’ouvrage était vice-président de la Fédération française d’aérostation et dont le nom est à lui seul un symbole. Pour Etienne de Montgolfier, 1783 marquait une rupture dans le continuum de l’évolution de l’humanité au même titre que l’apparition de la roue 5 300 ans plus tôt.