AÉROPHILE : Le ballon Generali du quai de Javel fête ses 20 ans

La société AEROPHILE, constructeur de ballons captifs, a été créée en 1993 par Jérôme Giacomoni et Matthieu Gobbi. Leur parcours est similaire jusque dans les dates de naissance, puisqu’ils sont nés le même jour, de la même année ! Ils sont tous les deux Polytechniciens, ingénieurs des Ponts et Chaussées.

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Vous avez sans doute déjà observé le ballon Generali, installé dans le XVe arrondissement au Parc André Citroën. Ce ballon captif fête cette année ses 20 ans ! C’est l’un des ballons de la flotte Aerophile, constructeur de ballon captif pour passagers.

Créée par Jérôme Giacomoni et moi-même en 1993, Aerophile a renoué avec la grande tradition française des ballons captifs. Ces ballons, gonflés à l’hydrogène et actionnés par des treuils à vapeur, ont été inventés par le français Henri Giffard qui en exploita dans la cour des Tuileries en 1878 et 1879. Après une période faste où ce type de ballon est présent dans toutes les grandes manifestations, dont les expositions universelles, ils disparaissent complètement avec la première guerre mondiale et l’essor des dirigeables et de l’aviation.

En réinventant ce type de ballon, il a fallu faire revivre une technologie disparue avec les hommes qui la maîtrisaient. Il a fallu tout concevoir avec des matériaux et des techniques modernes. Il a fallu trouver les fournisseurs et les prestataires. Il a fallu également se mettre en conformité avec les impératifs de sécurité et notamment faire certifier l’appareil : même s’il est relié au sol par un câble, ce ballon peut voler par ses propres moyens, ce qui en fait réglementairement un aéronef. Comme tous les aéronefs, sa conception, sa fabrication, son exploitation et sa maintenance sont encadrées de façon très stricte. Nous avons donc pu suivre, au fil des ans, en détail, la mutation de ce domaine avec la naissance de l’EASA (European Aviation Safety Agency) et le transfert et l’harmonisation progressive des règlements aéronautiques européens, et certains diront aussi de leur complexité…

L’enveloppe du ballon est maintenant constituée d’une toile technique que nous avons développée de façon très spécifique : légère, étanche, solide et durable. La nacelle est en matériaux composites, le treuil est une véritable machinerie d’ascenseur, fiable et sûre. L’hélium a remplacé l’hydrogène. Les techniques d’arrimage permettent de résister aux tempêtes les plus courantes et les ballons restent gonflés plusieurs années d’affilée. Finalement, la portance est donnée par l’hélium emprisonné dans l’enveloppe et permet au ballon de s’envoler gratuitement et de façon illimitée, et la machinerie d’ascenseur, entièrement électrique, permet de le ramener vers le sol. Cela en fait un appareil extrêmement économe en énergie, silencieux, non polluant et le seul aéronef électrique agréé pour l’emport de passager !

Après l’aventure de l’innovation, nous avons connu celle de l’exportation. 25 ans après le gonflement du prototype, Aerophile a construit plus d’une centaine de ballons semblables à celui de Paris, dans 27 pays, et des biotopes très différents : les parcs Disney en France et en Floride, de grandes villes (Berlin, Rome, Singapour, etc.), des centres commerciaux au Mexique, des parcs à thème au Japon, des zoos, comme celui de San Diego en Californie, des sites historiques comme le Château de Chantilly ou les temples d’Angkor au Cambodge, la Champagne depuis le centre-ville d’Epernay… certains sont exploités par Aerophile, mais la plupart sont vendus à des exploitants indépendants. Ils emportent chaque année des centaines de milliers de passagers pour un vol en ballon, souvent un baptême en plus léger que l’air, dans des conditions très simples, sûres et bon marché.

Le ballon captif est redevenu un équipement courant. Même à l’occasion de grands évènements, comme les Jeux Olympiques à Rio, où nous avons eu la chance de pouvoir installer un ballon, pour le compte de Skol, la bière Brésilienne, filiale de Ambev. 
Les côtés spectaculaire, singulier et sympathique du ballon en font un formidable outil de communication. Pour un grand évènement, un site touristique ou une marque commerciale, c’est une visibilité, et une image iconique. C’est aussi l’occasion de sensibiliser le public à des causes et de jouer un rôle citoyen, comme le ballon Generali à Paris, qui affiche en permanence le niveau de pollution de l’air mesuré par Airparif, et accueille à bord de sa nacelle des instruments du CNRS mesurant en continu l’évolution de certaines données cruciales (particules fines, ozones, etc.) en fonction de l’altitude, ce qui permet de mieux comprendre les processus de formation des polluants.

Offrir au public les joies d’un vol, c’est toujours formidable. Quand c’est à bord d’un engin silencieux, non polluant, universellement apprécié, et au-dessus de sites grandioses, c’est encore plus magique. Cette vocation nous a poussé à développer d’autre activité de loisir, pour remplacer le ballon quand les conditions ne lui sont pas favorables. Nous avons développé l’Aérobar, le premier bar volant : il permet d’emporter 16 passagers prendre un verre à 35 m de haut, les pieds dans le vide, autour d’un bar circulaire qui s’élève à l’intérieur d’une structure métallique originale. Il y en a maintenant 11 à travers le monde.

Et enfin, cela nous a poussé à nous lancer dans la création et l’exploitation d’un parc d’attraction en Alsace, le Parc du Petit Prince, ouvert en 2014. Ce parc, premier parc aérien au monde, permet aux visiteurs de voler en ballon, de monter à bord de l’Aérobar et de revisiter l’œuvre de Saint Exupéry au moyen d’attractions ludiques. On y trouve une roseraie, des moutons et des renards, des cinémas, des spectacles et des attractions familiales. Sont également mis à l’honneur les temps héroïques de l’aéropostale, et même de la conquête de l’espace. Le parc a accueilli 200 000 visiteurs en 2018, en progression constante depuis son ouverture.

Dans un domaine qui fait rêver, et qui entretient parfois les fantasmes, nous avons la chance d’avoir développé un savoir-faire de niche qui répond bien aux aspirations du public. Que ce soit avec nos ballons, nos Aérobars ou le Parc du Petit Prince, nous offrons avant tout à nos visiteurs une expérience inédite et paisible, qu’ils peuvent partager en famille. L’occasion pour certains de poster sur les réseaux sociaux, mais surtout l’occasion pour tous d’un souvenir impérissable.

L’avenir, c’est le renforcement de nos activités d’exploitation, avec une flotte de ballons agrandie et de nouveaux sites à équiper. Et toujours une curiosité, une soif d’explorer, d’entreprendre et de partager : Sic itur ad Astra !