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17 décembre 2020
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Les compagnies aériennes devant la pandémie: redonner confiance en répondant aux besoins des passagers.

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Les compagnies aériennes devant la pandémie: redonner confiance en répondant aux besoins des passagers.

Une demande évanouie

Retrouver la demande est le seul moyen de préserver les emplois (directs et indirects) de l’industrie, les prestiges des pavillons, les succès des industries aéronautiques.

Deviner l’avenir du transport aérien est « à la mode » : il suffit de voir la fréquence avec laquelle le sujet est questionné dans les media ou le nombre de projets d’étudiants auxquels il est imposé ! Les infortunés chargés de réfléchir, sollicitent les témoignages des relations auprès desquelles ils peuvent se faire recommander : faut-il se demander si ceux qui leurs prescrivent ce sujet espèrent trouver une réponse à leurs propres interrogations ?

La demande ne vient que des besoins à satisfaire. Et celui-ci est dimensionné par les décisions des Etats : quand les frontières sont fermées aucun voyage international n’est possible, quand hôtels, restaurants, musées, divertissements d’une région sont inaccessibles, personne n’envisage de s’y rendre, quand les activités sont suspendues, que leurs emplois s’exercent à distance, chacun à son domicile, les affaires se passent de rencontres, qu’elles eussent été bilatérales ou organisées pour de vastes participations.

La situation sanitaire évolue

Les gouvernements, face à une situation sanitaire que ni eux ni leur opposition ne connaissent ni ne prévoient, sans soins à prescrire, sans prévention dont leurs experts sauraient l’effet, sont soumis à tâtonner, la situation d’un jour ne confirmant précisément ni n’infirmant de même, l’efficacité des mesures adoptées les jours précédents. De là, l’oscillation sans préavis entre limitation des occasions de contacts entre leurs administrés et libéralisation de l’exercice de telle ou telle activité incontournable pour la santé de leur économie. Ce propos n’est aucunement critique, il ne veut que peindre le vécu.

Ce serait impuissance satisfaite que de se contenter d’attendre que le virus disparaisse, d’autant qu’aucune expertise ne dispose d’argument pour prétendre quand il disparaitra, ni s’il disparaissait.

La situation évolue avec une meilleure connaissance de l’infection : les quarantaines sont devenues quatorzaines et même des 7 jours, des tests quasi-instantanés sont disponibles, les critères diagnostiquant l’infection sont identifiés, les hôpitaux évitent d’être dépassés pour autant que l’Etat mesure la propagation et régule les échanges entre ses résidents.

Quelles dispositions les Etats pourraient-ils prendre pour améliorer spécifiquement dans ce contexte la santé du transport aérien, autres que de lui allouer, frontières fermées, des subsides en espérant qu’il survive ? Excellent sujet dont l’OACI serait le lieu naturel de débat, sinon que son horizon d’adoption de recommandations, proscrit d’en attendre un effet quelconque. L’IATA a publié la synthèse de la situation du transport aérien mondial : elle est catastrophique. Les transporteurs sauf exceptions (chinoise par exemple, dont le marché domestique demeure) auraient dû, sans les aides reçues, disparaitre et licencier une part de leurs effectifs égale à celle perdue de leur trafic : lorsque la reprise surviendra, les exploitants qui auront survécu trouveront d’ailleurs la demande que satisfaisait ceux qui auront disparus. A noter que lorsque les aides ont pris la forme d’une augmentation de capital au plus bas de la valeur de l’entreprise aidée, l’Etat ferait une plus-value lorsqu’elle retrouverait sa valorisation « ante ».

Les voyages sont un facteur potentiel d’importation d’infection dans chaque lieu d’accueil : nul Etat ne veut, chez lui, « trop » risquer de transférer la maladie d’une région à l’autre, ni ne veut « trop » risquer que les voyageurs venus d’un autre Etat, n’importent d’accroissement de contagion. Pourquoi se satisfaire de ne pas « trop risquer » ? Précisément parce que la méconnaissance de ce qui caractérise la situation exige d’accepter que le risque zéro est inatteignable !

Des vols garantis sans virus ?

Depuis peu, quelques exploitants envisagent des vols « garantis sans virus » : cette démarche repose sur la disposition nouvelle des tests qui seraient systématisés avant embarquement. Dans des machines désinfectées avant départ, les présents embarqués auraient été contrôlés non infectés, négatifs, à la précision du test près… ainsi qu’à la durée près du vol pour les passagers qui y verraient leur état évoluer malencontreusement. Ces exploitants veulent rassurer les passagers testés négativement donc, sur le fait que leur transport ne leur fait pas prendre de risque. En pratique, faudrait-il que le test prenne place au plus tard, donc à l’entrée de la passerelle si les employés qui le pratiquent sont eux-mêmes testés négatifs.

Ajoutons qu’une fois embarqué, chacun des passagers est protégé de ses voisins, tous assis masqués dans le même sens, dans des rangées séparées les unes des autres par les dossiers qui masquent leurs têtes. Prendre ces vols dits sans virus, protègerait de (presque) toute contagion. Certaines compagnies demandent aussi que toutes les 4 heures, les passagers changent leurs masques.

Cette disposition à elle seule parait cependant encore insuffisante pour faire organiser en toute sérénité les voyages aériens : en effet le départ assuré par le test négatif ne préjuge pas de l’accueil à l’arrivée : quarantaine ou autre test (le verdict sera-t-il le même ?).Ne faudrait-il donc pas que les Etats des arrivées reconnaissent le résultat négatif des tests effectués à l’embarquement. L’Etat de l’exploitant devrait à cette fin officialiser que les passagers des vols « sans virus » dudit exploitant seraient exempts de toute mesure de consignation et test à leurs arrivées sur son territoire, et s’efforcer d’obtenir la même officialisation bilatéralement de la part des Etats d’arrivées des vols internationaux de même exploitant. Aux Etats alors de contrôler l’exécution de la procédure alors déléguée[1] comme ils en délèguent d’autres, le plus souvent de police[2], aux exploitants aériens. Ces reconnaissances risquent de demander un temps certain.

Une première réalisation entre USA et Italie a été annoncée dans la presse, avec reconnaissance par ces deux Etats, des procédures de l’exploitant.

Reste encore qu’une fois parti, un voyageur ne peut embarquer sur son vol de retour que s’il est testé à nouveau négatif lorsqu’il se présente sur ce vol : ce risque d’être consigné et soigné loin de chez lui peut encore suffire à faire renoncer aux déplacements aériens… Il appartient donc aux exploitants de choisir la suite selon l’avenir qu’ils escomptent.

A eux donc de choisir soit des vols sans virus, qui ne rassureront qu’une partie de leur clientèle, ou, pour faciliter vraiment le recours à leur offre, garantir, avec l’accord des Etats de destination de ses vols sur ses procédures, à chacun des résidents qui en sont partis en ayant été testés négativement alors, le retour réservé avec leur départ même si le test lors de son retour était positif !

Evidement ce n’est plus les vols exactement sans virus, nous y reviendront. Mais la seule mesure qui permet d’envisager sans réserve un voyage aérien est la certitude raisonnable qu’il se déroulera comme il est organisé : ces autorisations d’embarquement par les Etats d’origine et de destination d’un vol, vaudraient sans autres mesures que les tests agréés des exploitants, pour les testés négatifs en classe sans virus, et pour les autres, par exemple en embarquement, sièges et service ségrégués, à la condition qu’ils résident dans l’Etat de destination et effectuent le retour d’un aller-retour réservé dont ils auraient effectué l’aller.

Il est d’ailleurs traditionnel pour le transport aérien historique d’assurer exceptionnellement le retour « chez eux » de malades : c’est pourquoi d’ailleurs, même en période d’épidémie déjà rencontrée, nul hier ne se demandait si un passager aérien voisin était atteint d’une quelconque maladie. C’est aussi pourquoi certains exploitants[3] commercialisent transport en civière, malgré l’accueil commercial qu’il sait objet de réserves.

Les dispositions sanitaires qui régissent les voyages, aériens et maritimes, entre la Corse et la France continentale relèvent précisément fin 2020 de ce type d’organisation : test négatif au départ du continent sans autre contrainte, ni au débarquement, ni pour l’embarquement de retour !

Déjà en temps normal, le nombre des passagers aérien dans la population est minoritaire, celui de malades qui veulent voyager est rare, et, dans la situation présente, parmi l’ensemble des passagers effectuant leur aller testés négativement, le nombre, parmi ceux effectuant leur retour, devenus testés positifs seraient donc exceptionnels. Ils ne compteraient que ceux qui négatifs lors de leur aller et ayant réservé en même temps leur retour, auraient dans les quelques jours de leur séjour, contracté le virus. Les Etats pourraient d’ailleurs bilatéralement limiter la durée du séjour pour lequel la garantie du retour s’appliquerait, et spécifier la déclaration des testés positifs. Ce n’est plus qu’une question de procédures à exécuter avec rigueur par les personnels.

Des vaccins ?

L’arrivée des vaccins évidement permettrait aux autorités d’aviation civiles de stipuler bilatéralement aux exploitants de contrôler l’existant « certificat international de vaccination » de leurs passagers : toutefois, les délais de disponibilité de vaccins pour passagers aériens (et équipages relevés au moins) ne seront pas disponibles avant que les résidents prioritaires n’aient été servis ! Là encore le délai demandé sera certain.

Des accords entre états

Evidemment, pour ne pas annihiler les effets des mesures décrites, resterait à l’Etat à s’engager et à engager les autres bilatéralement, à ne pas modifier les règles adoptées sans un préavis raisonnable, par exemple la quinzaine de jours qui couvriraient une grande partie des allers-retours réservés.

De telles dispositions, très particulières, applicables unilatéralement aux déplacements nationaux puis bilatéralement entre des états de l’Union européenne pourrait voir le jour avant la disponibilité de vaccins éprouvés pour les effectifs de voyageurs aériens : faudrait-il toutefois que tous les exploitants obtiennent des autorités concernées l’agrément de leurs procédures. En outre les retours garantis faciliteraient surement la conclusion des accords bilatéraux, les Etats d’accueil des visiteurs étant ainsi délivrés des malades retournant dans leur Etat de résidence. Bien sûr d’autres transports publics revendiqueraient le bénéfice des dîtes dispositions.

L’accord déjà d’une grande part des Etats de l’Union européenne serait le signe indispensable pour des extensions aux restes du monde, ce qui est fondamental pour l’aérien compte tenu des poids respectifs des longs et courts courriers dans les chiffres d’affaires de l’industrie.

Une expérience en matière de pandémie ?

Nous avons vécu plusieurs expériences de par le monde au cours des décennies précédentes. Ces épidémies/ pandémies n’ont pas alors ralenti le besoin de se déplacer par les airs ou autrement…

Peut-on considérer que ces moyens de transport aient été plus sains qu’ailleurs ? Qu’ils aient changé les comportements, modifié le besoin de rencontrer des interlocuteurs ou d’aller séjourner un temps sous d’autres cieux.

Le passager consent à l’inconfort raisonné qu’on lui inflige, ce qui compte pour lui n’est pas tant le moyen de transport que la destination choisie.

Et tous les virus qui ont circulés, circulent encore (sans comparer les nocivités), ne freinent pas les décisions de voyager quand les procédures à suivre rassurent et autorisent une organisation qui ne serait pas perturbée trop souvent.

 

 

[1] Envisageable aussi pour les déplacements par moyens de service public de surface

[2] Et déjà de vaccination contre des maladies connues pour certaines destinations

[3] Seuls certains le font




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